Chronique de l’année 2021
C’est au cœur inerte de cette petite ville,
Que je me balade accompagné des bus vides qui rentrent au dépôt.
Le paysage désertique qui me mène à la solitude me rappelle cette époque,
Ce temps où les éclats de rire comblaient
Ce bruit sourd citadin qui ne cesse de me hanter.
Tout au long de mon retour, j’aperçois les lampadaires sans masque.
Ils ont pris en otage la liberté et la vie retenant
L’éclat de tous ces sourires que je méprisais autrefois,
Laissant le pays derrière tous ses volets,
Dans le silence et l’obscurité.
Restrictions consumant la saveur de la vie à cette Terre,
Privant ses enfants de toute épice,
Ils sont sans sel, enfermés dans la lueur de l’épidémie.
Dans un monde qui n’est pas le mien
J’aime la douceur de ce visage,
La couleur brune de cette chevelure,
La blancheur de ce doux voyage
M’emporte au cœur de cette démesure.
Ma folle passion devient obsession,
Je ne cesse d’imaginer un jour libre,
Des tristes amères vibrations
Qui éprouvent mes fibres.
Je voudrais pouvoir m’envoler,
Mais hélas,je ne cesse de pleurer
Dans cette forêt infinie,
Seul l’opprobre me définit.
Jusqu’à quand ce désir coupable
Continuera-t-il à me ronger ?
Parfois la mort m’est préférable
Mais je suis contraint à me ranger,
Dans un monde qui n’est pas le mien
Un amour impossible pour une vie possible
J’ai aimé tes paroles,
Mais j’aime toujours autant,
Le son à l’envol
Sans regret du temps.
J’ai aimé tes câlins,
Plus doux que le lin,
J’ai aimé ton regard
Sans aucun égard.
J’ai aimé ton aura,
J’ai aimé tes messages,
J’ai aimé l’odorat
De notre passage.
J’ai aimé qui tu étais,
Ce que tu m’apportais,
Tu aimais ce que j’étais
Ce que je te montrais
Mais est-ce que tu me connais
Au de-là de mes apparences ?
Lorsque je suis né,
Et que dans ma complaisance
Je ne pensais aucunement vivre sans avoir,
Le bonheur sans malheur,
Un malheur avec un bonheur.
Est-ce que tu sais qui je suis ?
Je pensais t’aimer,
Impossibilité sans regret.
J’ai toute possibilité
D’aimer sans regret.
Insoucieux d’un voyage éphémère
J’ai voulu tourner la page pour pouvoir réécrire mon histoire.
J’ai voulu ouvrir la porte pour en sortir,
Pouvoir prendre le chemin de l’amour.
J’ai voulu tourner la page pour que le prochain sache en profiter,
Pour connaître la suite de la tragédie.
Face à cette volonté pourtant rigoureuse en force,
Je n’ai su vaincre l’ennemi qui m’empêche d’avancer.
Je n’ai pas su m’affronter, j’ai combattu sans armure et sans arme.
J’ai pris feu avec l’essence que j’ai versé.
Mon corps brûle de regret, mon cœur qui guérissait s’est fait poignarder par ma propre main.
J’ai laissé le courage à terre, et je l’ai fui. Je n’ai pas su affronter les regards, ni les bruits
sonores de l’insouciance.
Par ce sacrifice, Dieu m’a fait ressusciter,
J’y ai laissé ma confiance.
Je suis désormais accompagné de la méfiance, de peur et de honte.
J’ai plongé mon regard aux yeux de ses serpents.
Médusa a figé mon cœur par sa vision.
J’aimerais pouvoir vivre heureux, fièr et sincère.
Mais je retourne m’endormir le ventre vide, dans l’obscur voyage éphémère.
Au-delà de nous
L’amour, ce tendre sentiment.
Que peut-on trouver de plus condescendant ?
À toi, à qui tu mens ?
Aucun sentiment n’est aussi envoûtant.
Usurper, dans une illusion
J’ai connu cet effroi
Mon cœur loin des dérisions
Je veux délaisser ce triste froid.
J’ai assez goûté au fruit défendu,
J’en ai fait une overdose aigüe.
Je ne veux plus sentir l’écho,
Écho sourd, qui nous mène à ce quiproquo.
Je ressors de cette plongée
Bien plus déterminé du regard
Je n’endosse plus de responsabilités
Je transcende au-delà de tout égard.
Chronique d’un confiné
Je me suis plu dans ma lassitude,
Vivant entre le labeur et la lueur,
La créativité a eu raison de ma lassitude,
Ennemi de la paresse, m’amène à la sueur.
Je me laissais bercer par cette douce France,
L’ouïe, voyage dans toutes ses mines patibulaires.
Presqu’à Lille de la délivrance,
Ami de la joie, m’emporte à mes airs débonnaires.
Je continue de rêver, et j’attends.
Le présent est ma seule occupation.
Couvre-feu, confinement toujours à temps,
Étudiant victime de cette persécution
Jusque quand, jusqu’à quand, jusque ?
Il y a toujours raison d’espérer.
Cette patrie ne veut pas se nommer autarcique.
Sois maître de ta destinée.
Attendre
Attendre la puissance fusionnelle de l’amour,
Au creux vacillant des cloisons de la lassitude,
Attendre l’intensité qui nous ride de la tour,
À la lueur qui nous pousse à cette attitude.
Attendre dans l’espoir d’un affectueux message,
Au bord doux de cette paradoxale rage,
Attendre l’érotique désir, de ce fantasme
À la passion inconditionnelle de ce dogme.
Attendre l’audacieuse excuse solennelle de l’hypocrisie,
Au silence froid de cette chaleureuse autopsie,
Attendre l’amère déception, clouant le cœur dans l’érosion
À l’obscurité sourde des chants sensuels de la dépression.
Attendre c’est l’un des fruits du Saint-Esprit,
Attendre n’est pas qu’impatience dans le mépris,
Attendre c’est aussi patienter, aimer, espérer…
Alors maintenant attends le retour de mon amour.
Insomnie
L’orage qui se dressait devant le chemin n’était pas le seul à cacher ce mirage.
Derrière cette fausse vertu se tenait cet ange déchu auquel la vie a été émue.
Il n’a pas été le seul déçu lorsque la rosée du matin étend cette sensation d’humidité.
Le papillon déploie ses ailes pour affronter sa timidité.
À minuit, alors que tout est permis, et que tous les chats sont gris ; que les démons vaquent à
leurs rondes, c’est à cette heure-là que mon sommeil fuyait. Il se cachait de cet effroi, au pied
de la croix, laissant mon corps seul, sans force, face à la tentation.
C’est quand tous les yeux se ferment que mon cœur décide d’affronter cette rancœur. Ainsi,
dans mon esprit tout diverge, emportant avec lui ce désir qui émerge. Joie, peur, amertume,
euphorie, angoisse. Tous mes sentiments s’affrontent dans ce combat, dans cette guerre où ce
corps veut s’affranchir, il veut trouver sa libération.
La cause ? Il n’est pas de ce monde, voilà tout ! Mais de quel monde ? C’est la question qu’il
se posait tout au long de cette insomnie. Il se réveille, brisant ce cycle et ainsi pendant ce
temps, les saisons continuent leur danse en attendant l’appel du retour éternel, étouffant le
doux bruit de l’éclair.
L’ombre de l’ennui
Au coucher de la nuit, lorsque les yeux se figent vers le ciel,
Loin de tous les gratte-ciels,
À l’ombre de l’ennui, face à l’étendue
L’ivresse monte vers le rendu.
Au rendez-vous des sentiments,
Dérisions qui nous mentent…
Vivre pour exister, dans cet univers
Déshumanisé, sans constitutionnalité.
C’est au pourvoi de l’appel
Que la Cour accueille ces décisions.
Le vin fait coucher nos paroles en fontaine,
Désormais, mes démons se sont couchés.
Par Dieu, mon âme a fermé les portes de l’Enfer
Elle a pris les clés de la vie pour s’envoler vers son créateur.
Loin du déni, la folie s’éloigne
Brisant toute culpabilité
Mon regard ne fuit plus le tien,
Il n’a plus peur d’y plonger.
Elle a essayé de plonger son regard,
Dans le mien, mais mon âme a trouvé la clé.
Un vendredi soir
Ce soir on est vendredi, et non, je ne suis pas sorti.
Demain sera samedi, les révisions seront de la partie.
Je me coucherai sobre, pourtant je me lèverai fatigué.
J’essaie de me défaire de l’opprobre, de saisir un sentiment gai.
C’est aux études que je suis confiné, figé seul dans ma chambre.
Je ne veux rimer, ni jouer avec les vers.
Alfred, je suis l’enfant gâté. Adler dirait, que ma vision du monde est désorientée.
Je suis épuisé et lassé du combat que j’ai fui.
Face à l’adversité, je cède les armes
Et retourne dans ma zone de confort.
Pacifique, je suis pour la paix,
Mais je fuis le discours diplomatique
Les héros ont lutté, et ils ont remporté.
Je ne suis pas vainqueur, non pas par rancœur
Ni par défaite, mais par le drapeau blanc que je tends.
Je me réfugie dans les plaisirs immédiats,
Dans l’utopie et dans le faux-semblant.
Aujourd’hui, je décide d’affronter ton regard, d’accepter la nature
Et de prendre les armes et tous les équipements qui m’ont été donnés pour partir au front
Je ne reviendrai peut-être pas,
Je serai peut-être emprisonné par l’ennemi,
Mais, j’aurais participé au combat.
Je cours vers toi, la victoire, ma libération.
Mon simple excès
À trop vouloir me chercher, je me suis perdu
La simplicité peut s’avérer d’une grande efficacité.
J’ai cru en ton amour, cette croyance-là ne m’a jamais quitté.
Mon amour, tu n’en as jamais eu besoin.
L’amour c’est quoi
Si je pouvais dire l’amour c’est quoi, je commencerais par-là :
La pire des plus belles émotions, un sentiment aussi dévastateur que guérisseur
L’amour c’est l’inconnu, de croire que tu existes ;
Malgré ce brouillard, c’est te sentir sans t’apercevoir.
L’amour c’est aujourd’hui et demain, maintenant et toujours.
Si je t’aime, je te hais alors et si tu m’aimes alors tu me hais
À cette idée d’accepter de dépendre de toi, accepter de pleurer pour toi.
L’amour c’est aussi le risque de tout renoncer ;
L’amour me paraît beau, mais demeure un flou encore.
Comment choisir ? Où es-tu ? M’aimeras-tu ?
Toutes questions m’amènent à fuir
Aide-moi à t’aimer, ouvre mon cœur.
Dénoue les liens de l’amertume, de l’angoisse,
De toute l’angoisse de toute anxiété qui me pousse à cette crainte.
Viens au secours de ce cœur qui n’attend qu’à aimer
Persévérance
C’est à force de travail que l’on parvient à de bons résultats.
Ta volonté ne peut toujours être glorifiée, he oui
Lorsque l’envie a fini son nid, elle pond la détermination
Sur la route du succès se trouve un compagnon,
Nommé persévérance, qui par endurance, t’apportera le bonheur.
Malgré certains combats perdus, tu n’as pas échoué
Continue en cette lutte qu’est la vie, approche toi d’elle
Et ne te repose pas sur tes acquis mais bats-toi
Mais bats-toi avec davantage de férocité, je suis fièr de toi mon enfant.
Lettre à toi
Tu as vu toi,
Regarde-le
Seul et faible.
Il s’est perdu, il cherche
Mais attends, chercher quoi ?
Il s’est perdu, il s’est égaré,
Regarde-le-toi,
Il n’attend qu’à ce que tu le regardes toi, non pas l’éclat de son sourire
Mais la détresse des portes de son âme,
Écoute-toi, la terre qui m’a porté, Je veux juste rendre ce que tu m’as donné :
Un foyer, de la lumière
De la rosée, des éclairs,
Des orages, de la chaleur,
Malgré que tu m’aies porté,
Depuis que j’ai germé en toi,
Je n’ai pas su croître comme l’arbre de la vie.
La route du souvenir
C’est dans l’émotion qu’un sentiment de réflexion m’est apparu.
Dans ce paysage si lointain, sur la route du souvenir, lorsque le langage s’éteint, laissant
place tant bien au passé qu’à l’avenir.
Je voudrais pouvoir m’exprimer à travers ce simple message, laisser libérer cette pensée
captive.
Je l’écris car l’écriture traverse l’espace et le temps, au-delà des frontières de notre
conscience, pour ne plus se suffire à cette simple existence.
L’Homme avance et laisse derrière lui ses pas.
Il ne les compte pas, mais marche.
Il agit, prenant dans cet acte ce qu’il considère essentiel.
C’est ainsi que dans ce voyage intérieur qu’est l’extériorisation de son mal être, il affronte
son malheur pour faire face au bonheur.
Pourquoi alors aimer se révèle-t-il insurmontable ?
La considération portée à autrui par ce sentiment de mépris envers l’existence et ce qui
l’entoure, tel une amertume, un refoulement.
Illusion.
Mépris. Méprise de soi.
Manque de confiance.
Une telle dépendance, l’amour de soi par l’approbation d’autrui, l’acceptation par
l’acception.
Hélas, toute cette attention, ce désir ne nourrissait que ce gouffre.
Ici et là-bas
La vie, aujourd’hui mais pas demain
La vie est ici, et pas ailleurs
Vivre sans cette frayeur.
Cordialité, déesse de mon chemin.
Douce mélancolie qui berce ce tendre baiser,
Berceuse colorie, de la tendresse littéraire.
Tendre mélodie au toucher si apprivoisé,
Caresse de la poésie, dompteur linéaire.
L’amour, toi et moi
L’amour c’est sans lui, avec elle.
Aimer par ou contre cet émoi
Amère passion délictuelle.
Ainsi va la vie
Assis face à la réalité.
Le cœur épris de pitié.
Loin de toute obscurité,
Regrets éblouis de clarté.
Il faut savoir accepter.
Pour éviter de recommencer.
Regarder là où tout a débuté
Pour ne plus, que la haine soit exercée.
Attendre et pardonner,
Manger et oublier,
Dormir et imaginer,
Abandonner mon bouclier.
Accepter de pouvoir aimer.
Sans un amour partagé,
Risquer de se faire humilier
Par cette honte engagée.
Dis-moi que tu m’aimais,
Laisse-moi croire que j’ai fauté,
Que ta beauté m’a aveuglé.
Brisant toute ma crédibilité.
Je veux ressentir tes aires parfumées,
La pureté de ta voix chantée,
Le désir et le cœur s’enflammer,
Face à toute fragilité.
Je n’ai plus que mon cœur.
Dans cette rupture si amère,
De mes rimes et ta présence.
Mais hélas, ainsi va la vie.
Laisse aller
Lorsque ton cœur chante, laisse-le chanter,
Lorsque les larmes montent, laisse-les couler,
Dans cette grâce infinie, dans ce cœur meurtri.
Que le ciel puisse me sourire, que la terre fleurisse.
Lorsque ton corps dort, laisse-le dormir,
Lorsque ta pensée s’éteint, mets-toi en veille,
Dans cette vie qui te défend de mourir,
Que tout en toi s’accroche sans pareil.
Lorsque tes pensées dérapent, laisse-les virer,
Lorsque la peur te saisit, décide de ne pas fuir
Loin de toutes mauvaises soirées.
Lorsqu’il y a espoir, décide de le voir.
Lors des bons jours, éloigne-toi des au revoir,
Que les doutes et les regrets soient les seuls à fuir.
Garde cette lumière qui t’éloigne des ténèbres.
Les préceptes de l’Éternel, clé immortelle.
Observe-les, tel à la robe du zèbre
Qui ni noir ou ni blanc, qui blanc et noir,
Métisse de la savane, porte son peignoir
Illusion optique de la perception
Bien loin de toute déception,
À chercher son appartenance
Au creuset de l’abstinence.
Fruit défendu
Il a mangé aux fruits, elle a mangé au fruit
On a mangé mais sans fruit,
Nous avons mangé, pourtant, seul j’ai mangé
Nous étions assis sur la même table,
Mais j’étais assis sur la chaise.
Nous avons célébré sous alcool, `
Mais je me suis réveillé seul en gueule de bois.
Nous avons fêté toute l’année lors des partiels,
Mais j’étais seul au rattrapage
Nous étions ensemble dans l’herbe,
Mais j’ai été seul à briser le cœur parental.
J’ai mangé au fruit sans l’avoir savouré.
J’ai payé le prix de la pomme,
J’ai transgressé la confiance
J’ai fait pleurer, mais mes larmes sont sèches.
Je m’accroche à toi, mon seul abri
Ne me laisse pas périr au fruit de l’arbre.
Fais-moi part de l’arbre de vie,
Que cette vie chante ta mélodie,
Qu’elle enfante la vie.
Que la santé soit de la partition,
Que les regrets ne soient pas de répétition.
Cette chance, que dis-je, cette grâce
Que tu puisses la faire pour ta gloire.
Mon refuge, mon seul abri
The door
Ville où mes pieds se sont arrêtés,
L’idée seule où le temps s’est figé,
Entends-tu, le son de la liberté,
Les corbeaux n’ont pas pigé.
Tel à l’aigle, la peur s’est envolée,
L’angoisse et la peur ont frissonné,
Mon cœur n’a pas été volé,
Mon foie n’a pas été empoissé.
Le regret est aux oubliettes pourtant,
Le ciel agit toujours à temps,
Est-ce par vengeance ou humour ?
J’ai décidé de fermer la porte,
Pour ne plus que tu portes.
Est-ce par haine ou par amour ?
Raven
Au coucher du soleil, elle est assise.
À contre-jour de l’ombre, elle attend,
Elle ferme délicatement les yeux.
La rosée est sortie à la table du travail,
Elle s’endort à l’éclos des bourgeons
Par le reflet du soleil sur les bâtiments.
Les murs se jaunissent à la douce ambiance du printemps,
Ce sont les derniers vents chauds de la journée,
Les voitures se garent, les parents mettent la table,
Les enfants enfilent leurs pyjamas,
Les travailleurs de nuit se réveillent
Mais elle demeure passive
Les yeux clos, dans le jardin où
Elle est prisonnière.
Pourtant, tel à l’étudiant à cette table,
Savourant la rosée du matin
Dans la coupe sortie à son labeur
Elle vit, passive, avec tranquillité
Dans la vie qui lui a été donnée
C’est avec amour et passion qu’elle déguste le fruit de la paresse.
Mi Cabesa
Mi cabesa, si, que quieres
Tu cabesa, No lo se
Mi, tu, que quieren
La Paz, Mi cabesa ? Lo sabes
Canta, cantan, cantas y escuchas,
Escuchas tu cancion y tu cantaras
Mientras qu escucho la voz
De la noche que escuchan el poder
À toi la Bordelaise
Non, au-delà de ces plateformes, le fond prend forme.
De simples vers ne suffisent pas par des sonnets
Ou des alexandrins à tuer le cœur qui saigne,
Celui d’un être aimé mais passionné à qui seul
La fusion des âmes-sœurs tranche avec les mœurs
Qui régissent nos conversations linéaires.
Je veux faire de ce recueil, mon deuil
Et non votre orgueil.
Par ces émotions qui transcendent ces strophes
Je m’exonère de toute possibilité de faute littéraire
J’écris l’échec sentimental, qui a enterré la semence
De mes lourdes larmes, mes côtes latérales se brisent
Je demande pardon à ce don qui n’est pas le mien
De structurer un poème dans les règles.
Je me munie de confiance, persévérance et humilité
Je ne veux point plaider pitié à toi, ni toi la marquise de la Gironde
Je ne veux plus vivre dans l’utopie mais apprendre de mes erreurs.
Toi aussi avance, nage, plonge dans les vagues de l’Atlantique.
Goûte à ce mélange de saveur qu’est la vie, et rencontre de qui
Tu goûteras au fruit que tu sauras apprécier
Aimer c’est te savoir aimée.
Ô bord de plage
Ô brisure océanique,
Navire perdu dans l’aval.
De son ruisseau,
Cette fente rocheuse,
Bijoux éternels, des cristaux
Que la mer dévore aux côtes.
Reculant par la lune,
Du haut de son building,
Les hauteurs et bassesses
Des eaux endormies,
Au cri sourd de la nature
Que rappelle son sauveur céleste,
Voix retentissantes des dunes ensablées.
Il cherche des cailloux
Ô cri des ricochets.
Ils plongent dans la Manche,
Fraîcheur du second degré,
Elle rit et vante leurs victoires
Écoutant et inspirant,
Du système au cœur qui bat,
Des chaleurs du Soleil,
Nourrissant les secrets marins
Ô beau Marin,
De ce pouvoir au degré zéro
Contraint la maturité des roches
Par la maîtrise parfaite des airs
Regard
Le ciel est gris
Mais il brille.
De derrière la fenêtre,
Je suis assis au chaud,
Je regarde le paysage.
Le jardin est pluvieux,
Il redonne aux fleurs,
Une belle clarté.
Tandis que les arbres
Dansent au rythme du vent,
L’oiseau, lui, vole.
Il cueille les cerises,
De cet arbre
Qui se balance
De gauche à droite.
Tel qu’ils diront
Vu le soin ménager dont travaillé je suis,
Vu l’importun souci, qui sans fin me tourmente,
Et vu tant de regrets, desquels je me lamente,
Tu t’ébahis souvent comment chanter je puis.
Je ne chante, Du Bellay, je pleure mes ennuis
Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante,
Si bien qu’en les chantant, souvent je les enchante
Voilà pourquoi, disgrâce, je chante jour et nuit.
Ainsi chante l’ouvrier en faisant son ouvrage,
Ainsi le laboureur faisant son labourage,
Ainsi le pèlerin regrettant sa maison.
Ainsi l’aventurier en songeant à sa dame,
Ainsi le marinier en tirant à la rame,
Ainsi le prisonnier maudissant sa prison.
Face à face
Je me perds lorsque je suis face à ce corps vêtu, j’aime contempler au loin ces formes qui se
dessinent à ses habits cachant sa salutation dans un regard entrecroisé sans aucune
interprétation.
Pourtant, je me couche en pensant chaque instant de la nuit à nos rencontres si distantes
auxquelles nos regards entrecroisés s’affrontent à l’idée que mon cœur puisse survivre à cet
effort si battant.
Emprisonné, par qui ce regard est ma cible sans laquelle un eye-contact détrônant tout
désintéressement par son rougissement d’une peau toute pâle d’un sentiment bien partagé,
si ce n’est peut-être la gêne qui en est la cause.
Nul désir ne ment quant à ce froid, qui d’un plaisir commun me fait sentir toute possibilité
de te dire à quel point ton regard m’envoûte à la sueur de nos corps épris de pensées si terre
à terre quant à nos pas qui s’éloigne à nos regrets.
Du Blé au ballet
Ceux qui sont heureux, ne seront plus peureux,
Ceux qui aiment la vie, jouiront de tous ses fruits,
Ceux qui sont insoucieux, hériteront des cieux,
Ceux qui sont courtisans, mépriseront tout ennui;
Ceux qui aiment le jour, quand le bonheur accourt,
Ceux qui sont vertueux, pour tel se feront croire,
Ceux qui aiment l’herbe, loin au fond de la cour,
Ceux qui sont devins, se cacheront de boire ;
Ceux qui adorent, le cœur à la louange,
Ceux qui sont polis, telles les ailes pures de cet ange,
Ceux qui sont des dieux, n’auront à craindre de malheurs ;
Ceux qui se sentent laids, auront leur langue pour médire,
Ceux qui liront ce recueil, se plairont à rire ;
Moi, qui suis de réserve, de force à la valeur.
Loin des prédateurs
Lorsque l’éclat pétillant du Soleil
Parvient jusqu’à la douce lueur de cette caresse,
La liberté et la sensualité s’en vont au chahut de l’oreille
Ne formant plus qu’un avec cette naïve paresse.
Comme une tortue qui éclot
Pour rejoindre la rive qui l’attend
C’est le mépris des prédateurs qui le tient clos.
Une lueur de honte et de malaise fige le temps.
L’excès et l’abus de cette reconnaissance viennent
Dévorer ce cœur si fragile et pur
L’enfant a passé le cap, il n’attend plus les passions de la chair,
Ni le plaisir immédiat, mais il veut.
Il veut connaître de vrais sentiments
Il veut connaître ce qu’est la passion
Il veut connaître l’amour.
La naissance d’un Homme
C’est lorsque la saison,
Lors du printemps,
Que le temps donne raison
D’attendre à son temps.
Que cette attente,
Où la liberté se lie,
Que les vers se vantent
De cette mélancolie.
L’espoir n’est pas à lui,
Mais à Dieu, qui,
Durant cet ennui
Le délivre de cette maladie.
La naissance d’un Homme,
Fruit d’un processus,
Au croisement des hormones
Par un écrit de consensus.
